Il y a les disques qu’on aime, et ceux qui redéfinissent ce qu’un genre peut être. White Pony (2000) appartient à la seconde catégorie. Troisième album des Deftones, il est le moment où le groupe se libère définitivement de l’étiquette nu-metal pour inventer une musique à part : lourde et aérienne, brutale et sensuelle, aussi redevable à My Bloody Valentine ou à Depeche Mode qu’à Slayer.
Tout y est d’une justesse confondante. « Digital Bath » suspend le temps ; « Change (In the House of Flies) » offre au groupe son plus grand tube sans rien renier de son étrangeté ; « Passenger », en duo avec Maynard James Keenan, atteint une intensité presque insoutenable ; « Knife Prty » ou « Elite » (Grammy à la clé) rappellent que la fureur n’est jamais loin. Frank Delgado, aux samples et aux textures, devient ici un membre à part entière, et son travail irrigue tout le disque d’un halo électronique.
Vingt-cinq ans plus tard, White Pony figure sur toutes les listes des meilleurs albums metal du siècle, et son influence est incalculable. C’est le sommet d’un groupe au sommet de son art, l’un de ces rares disques sans le moindre temps mort.
Verdict : 9.5. Un classique absolu, indépassable dans la discographie du groupe et rare dans celle du genre. Indispensable.








