Saturday Night Wrist (2006) est le disque le plus difficile de l’histoire du groupe, difficile à faire, difficile à aimer d’emblée. Enregistré alors que les tensions entre Chino Moreno et le reste du groupe menaçaient l’existence même des Deftones, il porte les cicatrices de sa gestation chaotique.

Et pourtant. « Hole in the Earth » est l’un de leurs plus beaux singles, mélancolie pure ; « Cherry Waves » déploie une rêverie shoegaze parmi les plus abouties de leur catalogue ; « Rats!Rats!Rats! » rappelle qu’ils peuvent encore mordre. Le disque cherche, tâtonne, s’éparpille parfois, la faute à un enregistrement morcelé, mais ses sommets touchent juste.

C’est un album de transition, inégal, moins tenu que ses voisins. Mais son atmosphère nocturne et blessée le rend attachant, et il annonce déjà la mue qui donnera Diamond Eyes. Un disque de fêlures, où la fragilité devient matière.

Verdict : 7.5. Imparfait et bancal, mais traversé d’éclats magnifiques. Le disque des heures sombres, à réécouter avec indulgence.