Fin 2008, le bassiste Chi Cheng plonge dans le coma après un accident de voiture. Le groupe met de côté un album quasi terminé (Eros) et repart de zéro avec un nouveau venu, Sergio Vega. De ce deuil suspendu naît, contre toute attente, le disque le plus lumineux des Deftones : Diamond Eyes (2010).
Comme si la douleur avait été retournée en énergie, l’album rayonne. La chanson-titre et « Rocket Skates » cognent avec une joie féroce ; « Sextape » invente une ballade cosmique bouleversante ; « Beauty School » ou « 976-EVIL » confirment un groupe régénéré, plus resserré, plus direct. La production, énorme et cristalline, fait sonner chaque riff comme une évidence.
C’est le disque de la reconstruction, celui où les Deftones prouvent qu’ils peuvent renaître de leurs cendres sans rien perdre de leur identité. Moins étrange que White Pony, plus immédiat, il ouvre la trilogie tardive la plus solide de leur carrière.
Verdict : 8.5. Un retour éclatant, vital, généreux. La preuve qu’un groupe peut transformer le pire en beauté.








