Hushed and Grim (2021) est le disque du deuil. Écrit après la mort de Nick John, manager et ami intime du groupe, ce double album de plus de quatre-vingts minutes est une longue traversée de la perte, la plus grave et la plus ambitieuse de leur seconde période.
Le format double leur permet de tout embrasser : la lourdeur sludge des débuts, les envolées progressives, les ballades électriques, les longues plages atmosphériques. « Pushing the Tides », « Sickle and Peace », « Teardrinker » ou la déchirante « Had It All » composent un ensemble dense, mélancolique, parfois éprouvant par sa longueur. La production, profonde et boisée, enveloppe le tout d’une brume automnale.
C’est un disque exigeant, qui demande du temps et de l’abandon ; sa durée le rend inégal par endroits. Mais son ampleur émotionnelle et sa sincérité en font l’un de leurs efforts les plus touchants, un monument funéraire élevé à un ami.
Verdict : 8. Un double album grave et généreux, imparfait mais bouleversant. Le son d’un groupe qui transforme la douleur en musique.








