Après l’eau de Leviathan, la terre. Blood Mountain (2006), premier disque sur major, poursuit le cycle des éléments cher au groupe : c’est un concept-album sur l’ascension d’une montagne et la quête d’un crâne de cristal, prétexte à un voyage sonore labyrinthique et halluciné.

Le disque est le plus dense, le plus foisonnant de leur première période. Les compositions se tordent, bifurquent, s’emballent ; « Sleeping Giant », « Colony of Birchmen » (qui leur vaudra une nomination aux Grammy) ou « Crystal Skull » alternent les riffs abrasifs et les envolées presque psychédéliques. On y croise des invités (Josh Homme, Cedric Bixler-Zavala) qui épaississent encore la texture.

Cette profusion fait sa force et sa limite : Blood Mountain peut sembler touffu, épuisant, moins immédiatement lisible que son prédécesseur. Mais c’est aussi un sommet de créativité débridée, où le groupe pousse sa formule progressive jusqu’au vertige.

Verdict : 8. Un disque exigeant et grandiose, moins parfait que Leviathan mais plus aventureux encore. À arpenter comme un territoire.