Sorti en 1995 chez Epitaph, About Time est le troisième album de Pennywise et sans doute celui où le quatuor d’Hermosa Beach trouve son plein régime. Issu de la scène surf et skate de la South Bay californienne, le groupe y pousse à fond son punk mélodique et sportif, taillé pour les rampes de skate et les concerts survoltés. Chanté par Jim Lindberg, propulsé par la guitare massive de Fletcher Dragge et la basse de Jason Thirsk, épaulé par la batterie de Byron McMackin, le disque respire l’énergie brute d’une bande soudée qui joue vite, fort et sans détour, fidèle à une éthique résolument autonome.
La mécanique skate punk
Dès « Peaceful Day », le ton est donné: tempos rapides, riffs bondissants et refrains qui appellent à hurler en choeur, poing en l’air. « Same Old Story » reste l’un des sommets du groupe, une charge mélodique imparable qui résume toute sa méthode et qui deviendra un classique de ses concerts. La batterie martèle sans relâche et donne à l’ensemble une allure de course effrénée du premier au dernier titre.
Ici, pas de fioritures ni de longueurs inutiles. Chaque morceau vise l’efficacité maximale, avec ce mélange typiquement californien de rage et de refrains chantants qui a fait la réputation du label Epitaph et de toute une génération de groupes voisins.
Une positivité de combat
Sous l’énergie, Pennywise cultive un discours d’endurance et de responsabilité personnelle. Les textes parlent de tenir bon, de ne rien lâcher et de faire face aux épreuves plutôt que de s’y soumettre, sans jamais verser dans le prêche. Cette philosophie de rue, directe et volontaire, donne au disque une chaleur et une droiture particulières.
On est loin du nihilisme parfois associé au punk: About Time préfère le poing levé à la posture désabusée, et cette sincérité, presque candide, fait une bonne part de son charme et explique l’attachement durable de son public.
Un moment charnière
About Time marque l’apogée d’une certaine insouciance dans l’histoire du groupe. Peu après sa sortie, en 1996, le bassiste et pilier Jason Thirsk disparaît, ce qui donne rétrospectivement à ce disque une valeur de témoignage, celle d’une formation encore au complet et au sommet de sa forme, avant que tout ne change.
Pour beaucoup d’amateurs de skate punk, l’album demeure une référence de la période, aux côtés des grands noms de la scène californienne des années 1990, et l’un des sommets d’une discographie déjà solide.
Écouté aujourd’hui, About Time n’a rien perdu de sa vitalité ni de son mordant. C’est un disque franc, généreux et physique, qui n’a d’autre ambition que de faire bouger, galvaniser et donner envie de tenir debout. Pour qui cherche l’essence du punk mélodique californien, il constitue une porte d’entrée idéale et un plaisir qui ne se dément pas au fil des écoutes.








