Quand Gallows débarque de Watford, en Angleterre, avec Orchestra of Wolves en 2006, la scène hardcore punk britannique tient enfin son groupe coup de poing. Porté par la présence électrique de Frank Carter au chant, ce premier album impose immédiatement une hargne et une intensité qui tranchent avec le rock anglais poli de l’époque. C’est cru, brutal, viscéral.

Une décharge de rage

Orchestra of Wolves ne fait pas dans la demi-mesure. Les riffs sont taillés à la serpe, la rythmique cavale, et la voix de Frank Carter écorche chaque syllabe comme s’il s’agissait de la dernière. Le groupe puise dans le punk rock, le hardcore et un rock’n’roll graisseux, produisant un mélange détonant. Les morceaux, courts et nerveux, dégagent une urgence qui rappelle les grandes heures de la fureur punk britannique.

La sincérité avant tout

Ce qui frappe, au-delà de la violence, c’est l’authenticité. Gallows ne joue pas un rôle : le désespoir, la colère et l’humour noir des textes sonnent vrai. On sent une jeunesse à cran, prête à tout casser, mais aussi une intelligence dans l’écriture qui évite le simple défouloir. Les refrains, hurlés à s’en briser la voix, restent étonnamment mémorables. La production brute sert parfaitement ce propos sans fard.

Le disque porte évidemment les marques d’un premier effort. La production, si elle colle à l’esprit, manque parfois de puissance, et certains titres restent en deçà des sommets de l’album. Le groupe cherche encore par endroits son identité, entre punk mélodique et hardcore pur. Ces imperfections n’entament toutefois en rien l’impact d’un disque qui respire la sincérité.

Un coup de tonnerre

Orchestra of Wolves reste un jalon du renouveau punk hardcore britannique des années deux mille. Gallows y capture l’énergie d’un groupe qui n’a rien à perdre, avec une intensité rare et une fraîcheur qui n’a pas pris une ride. Ce n’est peut-être pas leur disque le plus abouti, mais c’est celui qui a tout déclenché. Un premier cri de rage indispensable.