Deuxieme album de Crowbar, ce disque eponyme paru en 1993 consolide la place du groupe de Kirk Windstein dans le paysage sludge de la Nouvelle Orleans. Plus lourd et plus depouille que jamais, il pousse a l’extreme l’art du riff lent et ecrasant. C’est aussi le disque qui a offert au groupe une premiere visibilite plus large.
Le poids du riff
Tout, ici, tourne autour de la lourdeur. Les guitares accordees tres bas deroulent des riffs massifs, joues a des tempos lents qui ecrasent l’auditeur. Chaque mesure semble taillee dans le beton.
Cette approche minimaliste privilegie l’impact a la complexite. Crowbar ne cherche pas la virtuosite, mais la puissance brute, celle qui fait vibrer les enceintes et les corps.
Kirk Windstein, entre rage et melancolie
La voix de Kirk Windstein alterne hurlements rauques et lignes plus melodiques, portant des textes traverses de douleur, de doute et de resilience. Cette dimension emotionnelle distingue le groupe d’un sludge purement nihiliste.
La reprise de No Quarter de Led Zeppelin illustre cette sensibilite. En ralentissant et en alourdissant le classique, Crowbar en revele une gravite nouvelle, fidele a son esthetique du poids.
Une pierre angulaire du sludge sudiste
Ce disque a joue un role important dans la reconnaissance du sludge de la Nouvelle Orleans. Porte par un clip qui a circule a la television, il a ouvert au groupe un public plus large que la seule scene underground.
Son influence se mesure a la place qu’occupe Windstein dans cette scene, notamment via son implication ulterieure dans Down. Crowbar y apparait comme un laboratoire du riff lourd sudiste.
Trois decennies plus tard, cet album eponyme reste une reference pour tous les amateurs de riffs pesants. Sa simplicite assumee et son intensite emotionnelle en font un disque droit et sincere, sans fioritures. Pour qui aime le metal lent et massif, il demeure une valeur sure, aussi accablante que profondement humaine.








