Sommet melancolique de Cold, Year of the Spider deploie un metal alternatif teinte de post-grunge ou la lourdeur se met au service de l’emotion. La voix fragile et lasse de Scooter Ward y trace des paysages gris, faits de solitude, d’addiction et de blessures qui refusent de cicatriser.

Les guitares avancent en vagues epaisses, mais laissent toujours respirer les melodies, dans une atmosphere presque cinematographique. Le groupe assume ici une noirceur elegante, loin de l’agressivite frontale, plus proche d’une confession murmuree.

Cette homogeneite fait la force et la limite du disque: on aimerait parfois un sursaut plus brutal. Il n’empeche, l’ensemble s’impose comme l’oeuvre la plus aboutie et la plus touchante de Cold, un album a ecouter tard le soir.