Publié en 2016, Promise Everything confirme le savoir-faire de Basement, groupe anglais originaire d’Ipswich. Après une pause et un retour salué par la scène, le quintette livre un disque qui synthétise ses influences : un emo mélodique nourri de grunge, de post-hardcore et d’un sens du refrain hérité de la pop rock des années 1990. Le résultat est chaleureux, accessible, taillé pour être repris en choeur. On sent un groupe désormais installé dans son style, qui cherche moins à prouver quelque chose qu’à peaufiner une recette déjà éprouvée.
Douceur et rugosité
La force du groupe tient à cet équilibre entre douceur et rugosité. Les guitares alternent riffs épais et arpèges limpides, tandis que la voix d’Andrew Fisher, à la fois posée et écorchée, porte des mélodies immédiates. On sent l’héritage de groupes comme Hum ou Nirvana, digéré avec goût et sans pastiche. Le disque cultive une chaleur mélancolique très britannique, où la mélodie prime toujours sur la démonstration, et où chaque morceau semble pensé pour l’espace du live, entre communion et catharsis douce.
Des refrains lumineux
Des morceaux comme Aquasun ou la chanson-titre incarnent bien cette approche, avec des refrains lumineux qui contrastent avec des couplets plus tendus. Les textes évoquent l’amour, l’attente et l’incertitude, sur un ton doux-amer qui colle parfaitement à la musique. La production, propre et ronde, sert bien cet équilibre sans jamais aseptiser le propos. On retrouve la patte du groupe : des tempos moyens, des guitares épaisses mais mélodiques, et un chant qui ne force jamais l’émotion mais la laisse affleurer naturellement.
Le confort du classicisme
On pourra reprocher au disque un certain classicisme : Basement ne cherche pas à révolutionner son genre, mais plutôt à le peaufiner. Ceux qui attendent des prises de risque resteront sur leur faim, car la formule, aussi efficace soit-elle, reste balisée et manque parfois de surprises. C’est le prix d’une constance qui rassure les fans mais empêche l’album de vraiment marquer une rupture dans la discographie.
Promise Everything n’en demeure pas moins un disque solide et attachant, idéal pour découvrir un emo mélodique moderne et soigné. Une valeur sûre qui récompense les amateurs du genre à chaque écoute, et qui confirme Basement comme l’un des noms les plus fiables de la scène britannique de son époque.








