Premier album d’Acid Bath, When the Kite String Pops paru chez Rotten Records en 1994 est l’un des disques les plus deroutants de la scene sludge louisianaise. Le groupe y fusionne sludge, doom, death metal et ballades acoustiques dans un ensemble a la fois violent et etrangement melodieux. Cette diversite, portee par la voix de Dax Riggs, en fait un objet culte.

Un melange de genres sans equivalent

Le disque refuse toute categorisation simple. Des passages d’une lourdeur extreme cotoient des moments presque bluesy, tandis que des ballades acoustiques surgissent au milieu du chaos. Cette imprevisibilite deroute autant qu’elle captive.

La voix de Dax Riggs incarne cette dualite. Capable de hurlements ecorches comme de lignes claires et presque crooner, il donne au groupe une identite immediatement reconnaissable et profondement humaine.

La noirceur du sud americain

Les textes plongent dans la violence, la drogue, la folie et la mort, avec une crudite qui ne recule devant rien. Cette imagerie sombre, ancree dans le decor moite de la Louisiane, donne au disque une atmosphere malsaine et fascinante.

La pochette, qui reprend une peinture realisee par un tueur en serie, prolonge ce climat de malaise. Elle a contribue a la reputation sulfureuse du groupe, et illustre son gout pour la provocation frontale.

Un culte souterrain

When the Kite String Pops n’a jamais connu un large succes commercial, mais son influence sur le sludge et le metal extreme est considerable. Sa liberte formelle et son refus des conventions en ont fait une reference pour toute une scene.

Le groupe, disparu prematurement quelques annees plus tard, n’a laisse que deux albums, ce qui renforce l’aura mythique de ce premier effort. Chaque ecoute revele de nouveaux details dans ses arrangements touffus.

Trois decennies apres sa sortie, ce disque conserve une force brute intacte. Ni tout a fait sludge ni tout a fait doom, il defie les etiquettes et recompense l’auditeur curieux. Pour qui veut explorer les marges les plus creatives du metal des annees quatre vingt dix, il demeure un passage oblige, derangeant et inoubliable.