Il y a quelque chose de rassurant chez Hatebreed : depuis Satisfaction Is the Death of Desire, le groupe du Connecticut n’a jamais dévié de sa trajectoire, et Weight of the False Self ne fait pas exception. On sait dès les premières mesures ce qu’on va trouver, des riffs martelés, des refrains scandés en choeur, une rythmique qui avance en ligne droite sans jamais chercher à surprendre. C’est à la fois la force et la limite de ce disque : il coche toutes les cases attendues, sans en ajouter de nouvelles.
Une voix qui reste un poing levé
Le chanteur n’a rien perdu de sa hargne. Sa voix rauque, ce grognement qui semble toujours au bord de la rupture, porte encore une fois des textes qui parlent d’endurance et de fardeau personnel. Sur des titres comme le morceau-titre, on retrouve cette dynamique typique du groupe : un riff lourd qui installe le terrain, puis une accélération qui vient chercher le pogo. Les mosh parts sont là, prévisibles mais efficaces, comme des rendez-vous qu’on attend avec une certaine impatience.
Le son, plus dur, plus tranchant
La production insiste sur les guitares, plus tranchantes que sur certains disques précédents, avec un grain qui rappelle que le groupe a toujours cherché à sonner plus lourd au fil du temps. Les double pédales sont omniprésentes, parfois jusqu’à la saturation, et certains passages frôlent la redite d’un titre à l’autre. On sent une volonté de muscler le propos, de durcir encore la formule, mais cela se fait parfois au détriment de la mémorabilité : les refrains, bien qu’efficaces en concert, peinent à se distinguer les uns des autres à l’écoute répétée.
Ce qui sauve l’ensemble, c’est l’engagement qui transpire de chaque piste. Il n’y a aucune tricherie ici, aucun calcul commercial visible, juste un groupe qui fait ce qu’il sait faire depuis des décennies, avec une conviction intacte. Les breakdowns sont amenés avec un sens du timing qui ne trompe pas, et certains passages, plus mid-tempo, laissent respirer un disque qui autrement pourrait sembler monolithique. C’est un album qui fonctionne mieux dans son ensemble que titre par titre, comme une décharge continue plutôt qu’une collection de hits isolés.
Un disque de vétérans, ni plus ni moins
Weight of the False Self ne réinvente rien et n’a manifestement pas cette ambition. C’est un disque de vétérans qui savent exactement ce qu’ils veulent livrer à leur public, et qui le livrent avec professionnalisme et une énergie qui ne faiblit pas. On peut regretter l’absence de prise de risque, l’impression que certains morceaux auraient pu figurer sur n’importe quel disque précédent du groupe. Mais on ne peut nier l’efficacité brute de la proposition : c’est du hardcore métallique fait pour les salles bondées, pour les circle pits, pour cette communion physique entre le groupe et son public. Un disque solide, sans surprise, qui remplit parfaitement son contrat sans jamais viser plus haut.








