Dolch revient en 2022 avec Nacht, un disque qui assume pleinement sa noirceur sans détour. Le projet allemand livre ici quatre compositions entre 8 et 11 minutes, construites sur des fondations de black metal atmosphérique où la lenteur devient arme. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil nocturne, mais la sincérité brute du projet compense l’absence d’originalité revendiquée.
Production minimaliste et immersion glaciale
La production volontairement crue, presque cassette, enveloppe chaque plage d’un voile de froideur. Les riffs sont martelés sans fioritures, la batterie explosant en blast beats primitifs qui ne cherchent pas la précision chirurgicale. C’est dans ce défaut apparent que réside la force : une épaisseur bienvenue, une présence physique. Les passages plus lents, soutenus par des basses massives et une voix hurlée au loin, créent une atmosphère suffocante, presque oppressante. On ressent l’effort, la lutte contre l’obscurité.
Efficacité narrative et manque de relief
Si Nacht s’installe confortablement dans son univers sombre et glacé, on regrette que les quatre morceaux suivent un schéma trop prévisible : accélération progressive, accumulation de textures, puis décrescendo final. Aucune surprise structurelle n’émerge, aucune audace ne bouscule. C’est du black metal de chambre, introspectif mais statique, qui remplit sa fonction d’immersion hivernale sans jamais élever la tension. Les transitions manquent de relief et les thèmes, une fois posés, tournent en boucle plutôt que d’évoluer.
Dolch affirme une position dans le black metal contemplatif allemand, sans le flamboyant des scènes scandinaves ni l’expérimentation des projets avant-gardistes. Nacht est une invitation à se perdre dans le noir, idéal pour les balades urbaines sous pluie ou les sessions tardives face à l’écran. Pour autant, ce disque ne marquera pas les esprits par son audace ou son excellence technique. C’est un compagnon fidèle, pas un révélateur.








